représentation pays: Sociprodd Tanzanie est en cours de création

TANZANIE

I. La situation

Un contexte de retour, non d’accueil

La Tanzanie accueille des réfugiés burundais et congolais dans la région de Kigoma, au nord-ouest, dans les camps de Nduta et Nyarugusu. Fin 2025, près de 142 000 Burundais y vivaient encore, après avoir fui la guerre civile des années 1990 puis la crise politique de 2015. Une partie d’entre eux avait déjà connu un exil, un retour, puis un nouvel exil.

La dynamique dominante est aujourd’hui le rapatriement. Dans le cadre d’un accord tripartite signé en 2017 entre le HCR et les gouvernements burundais et tanzanien, un objectif de 3 000 retours hebdomadaires a été fixé lors de la relance des opérations fin 2025. Au cours des deux premiers mois de 2026, plus de 28 000 réfugiés sont rentrés, portant le total à plus de 180 000 depuis 2017. Une semaine de février 2026 a enregistré 8 000 retours, dépassant largement l’objectif.

Le camp de Nduta devait fermer en mars 2026 ; la partie de Nyarugusu abritant les réfugiés burundais devait fermer en juillet, après un report.

Des préoccupations documentées

Le HCR a publiquement exprimé son inquiétude. Des abris de réfugiés ont été démolis, contraignant des personnes à se réfugier temporairement dans des centres de départ déjà surpeuplés — plus de 3 000 maisons détruites à Nyarugusu en janvier 2026 selon des sources locales. L’agence a signalé des cas présumés de mauvais traitements et a insisté sur le fait que les retours doivent rester volontaires, sûrs et dignes.

Jusqu’à 17 000 personnes déclarent ne pas pouvoir rentrer par crainte pour leur sécurité ou de persécutions politiques, parmi lesquelles des membres de l’opposition et d’anciens militaires.

En avril 2026, les autorités de la région de Kigoma ont annoncé une opération visant les personnes en situation irrégulière, incluant des réfugiés soupçonnés de se cacher pour échapper aux rapatriements.

Repères historiques

Entre 2002 et 2009, le HCR a facilité le retour volontaire d’environ 390 000 réfugiés depuis la Tanzanie. En 2014, quelque 162 000 ressortissants burundais ont obtenu la nationalité tanzanienne.

Axes d’orientations :

Se concentrer sur les communautés hôtes de Kigoma. Après trois décennies d’accueil, ces communautés portent des enjeux propres  foncier, ressources, services que la fermeture des camps va reconfigurer. C’est un terrain légitime et non conflictuel.

Travailler la documentation civile des personnes rentrant. Les personnes qui rentrent partent souvent sans acte de naissance pour leurs enfants nés en exil, sans documents d’état civil, sans preuve de leurs droits fonciers d’origine. L’appui documentaire au départ est un service concret, apolitique, et utile quel que soit le caractère du retour.

soutenir les personnes vulnérables en matière d’éducation, de santé, des VBG etc;