représentation pays: Sociprodd Ouganda est en cours de création

I. La situation

Ampleur

L’Ouganda est l’un des principaux pays d’accueil de réfugiés au monde. En 2025, le pays était sur le point de franchir la barre des deux millions de réfugiés, avec une moyenne de 600 arrivées par jour depuis le début de cette année-là, sous l’effet conjugué des crises au Soudan, au Soudan du Sud et en République Démocratique du Congo.

Un modèle d’accueil singulier

La politique ougandaise permet aux réfugiés de vivre dans le pays, d’y travailler et d’accéder aux services publics. Ce modèle d’inclusion et d’intégration est reconnu internationalement, et le HCR appelle à un partage des responsabilités permettant de le préserver.

Une crise de financement qui menace le modèle

C’est le point critique. Le coût de la prise en charge d’un réfugié en Ouganda était estimé à environ 16 dollars par mois en 2025, mais faute de fonds, le HCR indiquait ne pouvoir en fournir que 5. Le manque de financement affecte l’assistance de base, les services de protection de l’enfance, l’enregistrement des faits d’état civil et l’appui aux moyens de subsistance.

Dans les structures de santé des camps, la saturation est documentée : jusqu’à 80 patients par jour dans des locaux où certains patients dorment à même le sol.

Une orientation favorable aux organisations locales

L’Appel global 2026 du HCR indique que l’agence s’efforcera de renforcer les capacités des organisations locales et dirigées par des réfugiés à fournir une protection communautaire et un soutien psychosocial. C’est une orientation stratégique explicite dont une organisation nationale peut se prévaloir.

II. Où SOCIPRODD peut apporter une contribution

1. L’enregistrement des faits d’état civil

Le HCR identifie explicitement l’enregistrement des faits d’état civil parmi les services affectés par le manque de financement. Dans un pays accueillant près de deux millions de réfugiés, avec des arrivées quotidiennes, le retard accumulé en matière de documentation est considérable et il concerne au premier chef les enfants nés en exil.

Actions : information sur les procédures d’enregistrement, accompagnement des familles, appui à l’enregistrement tardif des naissances, en articulation avec les autorités ougandaises et le HCR.

C’est le créneau le plus évident : un besoin identifié par l’agence chef de file, un déficit de moyens reconnu, et une compétence qui ne suppose pas de logistique lourde.

2. L’accès effectif aux droits reconnus

Le modèle ougandais accorde aux réfugiés le droit de vivre, de travailler et d’accéder aux services publics. Un droit reconnu n’est pas un droit exercé : encore faut-il savoir qu’il existe, connaître les démarches, disposer des documents et savoir quoi faire en cas de refus. C’est exactement l’écart que comble une organisation d’éducation juridique.

3. Le renforcement des organisations dirigées par des réfugiés

L’orientation du HCR pour 2026 va dans ce sens. Plutôt que d’intervenir directement, SOCIPRODD peut se positionner sur la formation de ces organisations aux fondamentaux juridiques : droits des réfugiés, procédures administratives, mécanismes de recours. C’est un rôle d’appui, moins coûteux, plus durable, et conforme aux priorités affichées des bailleurs.

4. La protection de l’enfance

Identifiée parmi les services affectés par les coupes. L’angle SOCIPRODD reste l’information, l’orientation et la documentation, non la prise en charge.