représentation pays: Sociprodd Mali est en cours de création

SOCIPRODD MALI

I. La situation humanitaire

Ampleur

Le Plan de réponse humanitaire 2026, lancé le 5 février 2026 à Bamako, part du constat que 5,1 millions de personnes ont besoin d’une assistance. Les contraintes budgétaires conduisent à concentrer les efforts sur 3,8 millions de personnes jugées les plus vulnérables. Le financement requis s’élève à 577,9 millions de dollars.

À la fin de 2025, selon la Direction nationale du développement social, près de 415 000 personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays. La composition démographique est révélatrice : 58 % d’enfants, 30 % de femmes et de filles, 4 % de personnes âgées. Le pays accueille par ailleurs environ 250 000 réfugiés de pays voisins.

Facteurs

Les opérations militaires en cours dans le nord et le centre, et leur extension vers le sud et l’ouest, entretiennent un contexte sécuritaire tendu marqué par des violences récurrentes affectant les civils et une multiplication des risques de protection. À cela s’ajoutent des chocs climatiques — les inondations historiques de 2024 avaient affecté plus de 850 000 personnes — ainsi que des épisodes épidémiques et une économie fragile.

Accès

L’accès humanitaire se détériore : 814 incidents ont été enregistrés en 2025, en hausse de 40 % par rapport à 2024. Les attaques d’avril 2026 ont endommagé des établissements scolaires dans la région de Mopti, visé un centre de santé à Gao et la direction régionale de la santé à Kidal, détruit des infrastructures de communication à Tombouctou, Gao, Ménaka et Kidal, et perturbé les axes routiers, l’approvisionnement en carburant et en denrées. Les opérations d’assistance ont repris dans la majeure partie du pays, à l’exception des régions de Kidal et Ménaka.

Financement

C’est le point le plus critique. En 2025, seuls 21 % des besoins ont été financés le taux le plus bas depuis dix ans. Au premier trimestre 2026, 9 % seulement des fonds requis avaient été mobilisés. Les acteurs humanitaires sont contraints de concentrer leurs interventions sur 97 cercles sur les 159 que compte le pays. L’OCHA qualifie la situation de crise négligée.

II. Où SOCIPRODD peut apporter une contribution

1. Les zones non priorisées

Soixante-deux cercles ne figurent pas dans le ciblage prioritaire. Les populations qui s’y trouvent ne sont pas sans besoins : elles sont hors du périmètre faute de ressources. Une organisation dont l’activité repose sur l’information et l’accompagnement juridique donc peu consommatrice de logistique lourde peut travailler là où les opérations d’assistance matérielle ne vont pas. 

2. La documentation civile des enfants

Avec 58 % d’enfants parmi les personnes déplacées, l’enjeu de l’enregistrement des naissances est massif. Un enfant déplacé sans acte de naissance est exclu de la scolarisation et des examens officiels, et cette exclusion se prolonge à l’âge adulte. Actions : sessions d’information sur l’état civil, accompagnement aux procédures d’enregistrement tardif, audiences foraines avec les autorités locales.

3. La protection des civils face aux opérations militaires

L’extension des opérations militaires génère des risques de protection spécifiques : arrestations, restrictions de circulation, destructions de biens, disparitions. L’apport de SOCIPRODD n’est pas le plaidoyer politique impraticable et dangereux mais l’information des populations sur leurs droits en droit malien et en droit international humanitaire, et sur les voies de recours existantes.

4. Le renforcement des capacités des chefs traditionnels

Le programme conduit par SOCIPRODD au Cameroun est transposable. Dans les zones où l’administration est peu présente, les autorités coutumières règlent les différends de fait ; les former au cadre juridique applicable est un levier direct.